Les Pirates Des Caraïbes


 
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 C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]

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Charlotte de Berry
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MessageSujet: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Ven 11 Juil - 14:57

    es jours, des semaines, des mois, elle ne savait plus.
    N'ayant pas compté le nombre de jours qui la séparaient de sa "fugue", elle n'avait pas d'idée précise du temps passé sur le C like Chasm, mais elle savait qu'il lui avait été plus profitable que tous ces jours à rêvasser dans elle ne savait quel salon doré, aux fauteuils capitonnés de velours riche, ou à discuter de propos insipides -mais correctes et bien "comme il faut"- avec des dames de bonne naissance, vêtues de brocart coloré, de flanelle douce, de soie chatoyante, ou de mousseline volatile... Cet univers aussi grâcieux qu'étouffant lui apparaissait désormais comme un songe vague dans lequel elle n'avait jamais réellement vécu. Pourtant, elle savait qu'elle y avait grandi, sans aucun espoir apparent d'en sortir. Elle se souvenait trop bien de ces réceptions mondaines d'un ennui mortel, de ces propos mielleux que chacun était tenu d'énoncer, de l'hypocrisie abominable et de l'impression d'oppression qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle était tenue de s'y rendre.

    Elle avait toujours pensé qu'elle n'était pas faite pour vivre ainsi... Dans le luxe et l'aisance, l'argent et la vanité. C'était peut-être orgueilleux de sa part de s'être toujours dit que, non, elle n'était pas comme toutes les autres femmes qu'elle rencontrait et qu'elle attendait plus de la vie qu'un calme plat et monotone, un mari prospère, des enfants -oh ! Surtout pas d'enfants !- et une maison bien entretenue... Oui, peut-être que c'était justement de la vanité, mais elle n'avait jamais pu s'imaginer finir sa vie dans une tranquillité douceâtre, qui ne donnerait de toute manière que l'illusion du bonheur.

    Le pire souvenir qu'elle gardait de cette vie antérieure était encore celui de son défunt mari, mais, curieusement, c'était aussi le seul qui la faisait sourire, lorsqu'elle se le remémorait. Cet homme l'avait faite souffrir, et elle s'était vengée. Parfois, elle s'amusait à revoir mentalement l'image de son époux empoisonné, gisant sur le tapis moelleux du salon confiné de leur demeure anglaise. Son sang s'était figé presque instantanément dans ses veines, son teint avait pris une pâleur cadavérique, son dernier souffle s'était mué en léger gémissement, soupire chargé de douleur qui avait semblé résonner dans la pièce, rebondir sur chacun des murs, jusqu'à se noyer dans le silence. Charlotte avait même la cruauté de se délecter de ce souvenir morbide, qui avait forgé une partie de sa personnalité.

    C'était un bruit tout autre qui se faisait entendre à cette heure.
    La jeune femme était accoudée sur le rebord du navire, et semblait observer avec un intérêt notoire les paillettes dorées qui flottaient sur le bleu de l'océan, dues aux rayons paresseux du soleil à peine levé se reflètant à sa surface. Juchée sur le pont arrière, elle n'entendait rien d'autre que le remous des vagues, et, de temps à autres, le cri d'un oiseau qui passait au dessus d'elle. La lumière orangée du matin rendait l'atmosphère aussi paisible qu'agréable, et elle savourait cet instant en se disant que, bientôt, les marins trouveraient le moyen d'animer cette scène jusqu'alors sereine.

    Elle tourna la tête, pour observer l'horizon. Le navire allait droit vers l'île de la Tortue, mais l'ennui était encore qu'elle ignorait où en était l'entrée. On distingait très vaquement, au loin, la forme d'une île, en effet, mais Charlotte ne pouvait s'empêcher d'être anxieuse. Pourraient-ils accoster ? Que trouveraient-ils là-bas ? Que feraient-ils ensuite ?... Questionnement incessant qui tourbillonnait dans son esprit sans qu'elle n'arrive à en réduire le flux. Cette destination mystérieuse et inconnue l'intrigait au plus haut point, et ce, depuis que son quartier-maître avait déclaré qu'il fallait s'y rendre -la plupart des pirates, semblait-il, y passait du temps...

    Elle réfléchissait, son regard noir perdu dans le flot. Parfois, elle se disait qu'elle avait été bien méchante d'abandonner l'ancien capitaine sur cette île française dont elle ne savait rien, pour prendre sa place sans plus de considération. Le plus étonnant était encore que les matelots semblaient l'apprécier, et n'avaient pas l'air de détester être menés par une femme -sans grande expérience, qui plus est... Elle apprenait vite, certes, mais ceci lui paraissait toujous étrange. Un aussi grand nombre d'homme n'aurait eu aucun mal à organiser une mutinerie contre la jeune femme, après tout. Mais l'idée ne semblait pas avoir germé dans les esprits de ceux-ci, et elle en était bien aise.

    Malgré l'agitation qui régnait en elle, elle avait l'air absolument calme, et parfaitement confiante. Elle adoptait une posture nonchalante, campée sur ses longues jambes fines, les mains croisées sur la ballustrade en bois, l'air détendu. Ses lourdes boucles noires tombaient en cascade dans son cou, ondulant au gré du vent, et son visage, tourné vers le soleil, semblait éclairé de son éternel sourire en coin, à la fois mystérieux et lointain, vague et captivant. S'appliquant à respirer aussi profondément que son corset le lui permettait, elle ne se retourna pas même lorsqu'elle entendit le bruit de pas derrière elle. Les embruns marins déposaient un goût de sel sur ses lèvres, saveur qu'elle aimait confondre avec celle de la Liberté...


Dernière édition par Charlotte de Berry le Mer 16 Juil - 14:35, édité 1 fois
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Aludan Du Murmure
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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Ven 11 Juil - 19:03

Aludan du murmure, second du nom, était dans sa chambre, allongé dans le lit au matelas confortable. Il avait pensé, et ce, une bonne partie de la journée. Il avait repensé au visage souriant de sa mère, à l'accolade protectrice de son père. Que tout cela était bien loin... Maintenant n'émergeait que du flot des vagues le son infernal même de ce que l'on pouvait nommé : La vie rêvée.
Mais une vie à quel prix? Un rêve coûte-t-il donc si cher? Et bien, si son père ne lui avait pas inculqué de suivre les rêves, le pauvre défunt serait encore en vie. Mais le coeur noble du Sieur Versinke du Murmure l'avait forcé à apprendre à son jeune fils que les rêves ne se devaient pas d'être gâchés par la vie. mais le jeune noble était reconnaissant de l'éducation qu'il avait reçu. Il était reconnaissant à sa mère de l'avoir tant aimé, d'avoir fait de lui un homme qui n'est pas du tout comme l'on pourrait le croire. C'est bien sous la froide terre qu'il y a l'or si chaud....

Et puis, il y avait eu cet homme, ce marin... Cet homme qui par quelques récits des plus habilement contés avait réussi à donner envie au jeune Aludan, encore immature à cette époque, de partir sur les mers, tel un vaillant pirate, de donner la chasse aux galions remplis d'or, de se faire un nom sur tous les océans... En tout cas, ce marin se permit d'apprendre au jeune et rêveur Aludan les bases de la piraterie. Et il lui avait même offert ce pistolet... Cette arme des plus surprenantes, la poivrière, à 6 canons. Jamais cette arme ne l'avait quittée.

Que serait-il s'il n'avait pas tué ses parents? Auraient-il été un bon héritier? Serait-il devenu le fils rêvé? Ce pantin des désirs et des illusions de quelques parents? Une vague se fracassant sur la coque vint le faire revenir à la réalité. Il se leva, enfila son manteau, passa à la ceinture le katana et le pistolet. Il fallait aller voir la jolie Capitaine, celle qui avait réussi à lui redonner le moral dans cette période où il ne voulait servir... Elle lui avait donné envie de rester sur ce petit bateau marchand, et de continuer de servir comme quartier-maître, pour aller jusqu'a Tortuga. Là, peut-être quitterait-il le navire... Il n'était vraiment pas bon quartier-maître, juste un espèce de tueur que les hommes d'équipage craignaient... Ne méritait-il donc que de n'être qu'un assassin?

Il quitta sa chambre, se dirigea vers le pont, et il gagna l'arrière pont. La Capitaine était là, accoudée à la balustrade. Elle semblait être perdue dans l'océan... Il s'approcha d'elle, d'un pas léger, sur de lui, et il s'accouda à son tour à la balustrade, avant de dire d'une voix douce :


-Capitaine, si vous cherchez des sirènes, ce n'est point là qu'il faut regarder, mais dans un miroir, qui reflète la sublime vérité... Mais malgré ça, vous semblez anxieuse et vous l'êtes, me trompais-je? Si c'est pour Tortuga, ce dont je ne doute que très peu, vous n'avez pas de soucis à vous faire, je le sens... Et puis, si l'on veut nous attaquer avant que nous ne mouillons sur l'île, bien que n'étant qu'un piètre quartier-maître, je saurai vous défendre comme il se doit, jolie Capitaine.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du quartier-maître. Puisqu'il ne savait que tuer, il saurait défendre la personne à laquelle il tient le plus et à qui il a donné toute sa confiance, ainsi que son avenir. Après tout, quel avenir y avait-il? La mort, certainement... Mais là, en cet instant précis, il plongea ses yeux bleus dans les yeux noirs de la capitaine, et de ce simple regard, toute la confiance qu'éprouvait Aludan passa directement vers la Capitaine.
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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Ven 11 Juil - 23:20

Alors que la jeune capitaine et son quartier-maître étaient accoudés à la balustrade du pont arrière, l' île de Tortuga se dessinait. Ce rocher qui ne semblait être qu' un amas de rochet abritait le repère du peuple libre et de nombreux pirates. C' était le lieu rêvé pour trouver son équipage, armer son navire et passer de bons moments avec les femmes de joie de la ville.

L' île s' approchait de plus en plus, l' entrée du rocher serait bien difficile à trouver sans l' aide de quelqu' un... Il était impossible pour une personne ne connaissant pas l' entrée ou la navigation de trouver le moyen de rejoindre la ville. Il restait maintenant deux issus à nos deux vaillants pirates...

Allait il faire le tour de l' île pour trouver le port ou une quelconque embouchure; ou alors crier à l' aide, si jamais il y avait une âme vivante dans les parages; ou bien peut être qu' un des membres de l' équipage saurait leurs répondre?

La mer était calme, un silence incroyable, l' ambiance était belle et bien propice à la réflexion alors que le soleil ne ralentissait pas sa course...
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Charlotte de Berry
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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Sam 12 Juil - 1:08

    près avoir observé un bon moment l'île se profilant vaguement à l'horizon, Charlotte ne se sentit pas vraiment rassurée, mais conserva son sourire et son attitude sereine.
    Ses pensées dérivèrent bientôt vers l'équipage et le navire. Elle fit mentalement quelques généralités -se demandant par exemple s'il serait, à l'avenir, plus avantageux d'augmenter le nombre de matelots ou pas- avant de songer tout naturellement à son quartier-maître. C'est à cette instant précis qu'une voix douce et chaude la fit sortir brusquement de ses pensées. Elle tourna la tête, et vit monsieur du Murmure se placer à sa gauche, pour s’appuyer contre la balustrade. Elle était contente que ce soit lui qui se tienne à côté d'elle, mais, biensur, ne laissa paraître qu'une partie infime de son contentement. Malgré elle, elle l'appréciait beaucoup, et peut-être même plus qu'il ne l'aurait fallu.

    Comme toujours, il eut quelques paroles grâcieuses, qui, peut-être, auraient dû la fâcher, ou, du moins, elle aurait sans doute eu intérêt à feindre l'agacement.
    Elle n'en fit rien, et, lorsqu'elle répondit, ce fut avec un demi-sourire accorché au coin des lèvres. Il ne s'agissait certes pas d'un sourire très démonstratif, mais il était suffisant pour animer son regard noir d'encre d'une petite flamme scintillante.

    - Les sirènes sont des mythes, répliqua-t-elle, et vous devriez vous douter que je ne suis pas ici pour écouter de telles absurdités, quand bien même elles sont si joliment exprimées. En ce qui concerne mon anxièté... Je me demande bien ce qui vous fait croire que je suis anxieuse.

    Et dire qu'elle faisait son possible pour ne pas le montrer !
    Un homme ne devrait pas pouvoir lire aussi facilement dans le jeu d'une femme... Or, elle avait dans l'idée que son quartier-maître était on ne peut plus doué pour deviner les sentiments d'autrui, et c'est bien cela qui l'effrayait. Elle pensa aussi qu'elle avait toujours eu du mal à cacher ses pensées, et que ses yeux étaient un miroir où se reflètaient ses sentiments intérieurs, et c'est pour cette raison qu'elle détourna le regard, fuyant celui, bleuté, du jeune homme. Qui plus est, elle avait peur d'avoir apperçu dans ces cercles azur une ombre légère appelée "confiance".
    Jamais encore on avait fait confiance pour de bon à Charlotte. Quand elle était petite, on la soupçonnait toujours d'elle ne savait quels vices, à son adolescence, on la trouvait trop rebelle, et, une fois mariée, elle faisait si peu semblant d'apprécier son époux, ou même de s'intéresser à sa vie conjugale, qu'on la jugeait immorale.

    On avait toujours eu quelque chose à reprocher à la jeune femme, si bien qu'elle n'avait pas l'habitude qu'on lui fasse confiance. Pourtant, elle se rendait compte que ce dont elle avait le plus grand besoin était d'un peu de reconnaissance. Son quartier-maître, jusqu’à maintenant, n’avait pas passé le plus clair de son temps à lui trouver tous les défauts du monde et, au contraire, il trouvait toujours un moyen de la complimenter, la comparant souvent aux sirènes comme il venait de le faire, mais trouvant avec une aisance remarquable d’autres formules délicates pour exprimer… Exprimer quoi, au juste ? Ce n’était certes pas quelques mots à propos et bien plaisants qui montreraient un quelconque attachement, mais elle avait l’intime conviction qu’il ne parlait pas ainsi par fantaisie, mais plutôt parce qu’il voulait lui prouver elle ignorait encore quoi exactement…

    Il est aisé de remarquer à quel point il pouvait semer le trouble en elle, et, pourtant, sa compagnie lui était toujours très agréable, si bien qu’elle avait du mal à se montrer aussi sèche à son égard qu’elle l’aurait désiré.

    Elle prit du mieux qu’elle put un air détaché, presque hautain -elle l’avait expérimenté de nombreuses fois dans les salons anglais, et avait remarqué que ses grands airs qu’elle se donnait ainsi avaient l’avantage indéniable d’éloigner d’elle les plus tenaces flatteurs. Chose faite, elle planta de nouveau son regard sombre dans celui de monsieur du Murmure, et parvint à le soutenir jusqu’à ce que tombent les derniers mots : « jolie Capitaine ».

    Sur ses lèvres tremblèrent les mots froids qu’elle s’était apprêtée à lui lancer. Ils ne purent sortir. Elle quitta son air supérieur, et détourna une seconde fois la tête. Les sourcils froncés, l’air indécis, elle offrait une drôle d’image en cet instant, alors qu’elle fixait l’île rocailleuse d’un regard si sombre que l’on aurait cru qu’elle souhaitait la faire exploser rien qu’en l’observant ainsi.
    Elle se reprit bien vite, néanmoins, et put répondre avec un calme apparent :

    - Vous vous sous-estimez : vous êtes un bon quartier-maître, et un homme de valeur. Je présume que c’est là l’île de la Tortue… Il faut trouver un endroit pour amarrer le navire. Nous pouvons faire le tour de l’île jusqu’à trouver un port, ou un endroit pour accoster, n’est-ce pas ?

    Elle avait parlé très vite, comme pour noyer ses quelques premiers compliments dans un flot de paroles.
    Elle fit volte face, et en quelques pas, se trouva auprès du gouvernail. Elle attendit la réponse du quartier-maître, le souffle court, le cœur battant d’anxiété, mais réussissant assez bien à ne pas le montrer.

    - Puis, ajouta-t-elle à mi-voix, vous me sous-estimez aussi : je trouverai un moyen de me défendre toute seule…

    Orgueil ou naïveté ? Qu’importe : le simple fait de prononcer ces mots fit se dessiner sur son joli visage un sourire frais et content…


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Aludan Du Murmure
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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Sam 12 Juil - 14:17

Aludan du Murmure n'avait jamais quitté des yeux, ne serait-ce que quelques secondes, la jolie Capitaine. Il avait bien vu que les mots habiles, malgré lui, avaient été des plus efficaces. Et bien entendu, comme d'habitude, la Capitaine avait réagit avec cet espèce de faux agacement. Mais malgré ça, elle avait sourit, un petit sourire, mais qui emplit le cœur du jeune homme de bonheur tel le feu de l'enfer emplit les brasiers ensanglantés de la Mort. Il répondit aux quelques paroles de la demoiselle; en jouant, cette fois de son plein gré, avec son aisance habituelle pour changer une phrase anodine en petit poème délicat et doux.

-Princesse de cristal, vous qui êtes en haut de mon piédestal, les sirènes existent, dans mon esprit cette pensée subsiste. Et je dois avouer que c'est bien aisé de voir votre anxiété. Vous n'avez pas à avoir peur pour cela, je suis certain que nous arriverons à atteindre Tortuga.

Malheureusement, la demoiselle n'avait pas tenu le regard. Aurait-elle peur que le noble puisse lire dans ses yeux ce qu'elle ne voulait dire? Oui, il en aurait été capable, surement. Puis, pendant quelques instants, elle avait semblé pensive, comme si une chose venait de la troubler. Il se sentait si bien, là, près d'elle, près de cette sublime capitaine, comme si quelque chose se bouleversait en son être lorsque cette sirène apparaissait. Il savait qu'il avait une chose à lui dire, mais une chose pareille ne pouvait-être dite ainsi. Ou plus tard, peut-être...

Puis vint vite cet air hautain, qu'il avait déjà aperçu plus d'une fois, qu'elle n'avait pas réussi à tenir bien longtemps. Elle tourna de nouveau la tête, comme si elle ne savait plus que dire. Elle était si facilement troublée qu'Aludan y prenait un certain plaisir, comme pour se rapprocher de ces quelques mots qu'il avait à dire... Vinrent aussi les compliments, choses bien dures à avoir par la Capitaine du navire.


-Capitaine... Vous m'avez bien offert des compliments? J'en suis ravi, vraiment, douce sirène au chant des plus séduisant... Et oui, c'est bien l'île de la Tortue, là-bas. Je suis certain que nous trouverons moyen d'y aller.

Aludan la regarda ensuite aller vers le gouvernail. Il appuya son dos contre la balustrade, pour ne pas quitter des yeux la démarche altière de la sublime capitaine. Elle semblait un peu anxieuse... Se souvenant d'un poème que son père lui récitait les soirs où la peur de l'orage lui ravageait l'estomac telle une trainée de poudre brûlante. Il se dit qu'après tout, cela ferait peut-être calmer un peu la Capitaine quand à ses anxiétés et petites peurs du moment. La voix; tellement douce pour une fois, presque irréelle, étonnement sensuelle; s'éleva, lentement, sur un poème germanique :

Sie stehen eng umschlungen
ein Fleischgemisch so reich an Tagen
wo das Meer das Land berührt
will sie ihm die Wahrheit sagen

Doch ihre Worte frisst der Wind
wo das Meer zu Ende ist
hält sie zitternd seine Hand
und hat ihn auf die Stirn geküsst

Sie trägt den Abend in der Brust
und weiß dass sie verleben muss
sie legt den Kopf in seinen Schoss
und bittet einen letzten Kuss

und dann hat er sie geküsst
wo das Meer zu Ende ist
ihre Lippen schwach und blass
und seine Augen werden nass

Der letzte Kuss ist so lang her
der letzte Kuss
er erinnert sich nicht mehr


La voix s'éteint, juste après ces quelques vers, si doux et assez triste pour arracher une larme qui s'enfuit de l'oeil droit d'Aludan. Il avait tant écouté ce poème... Ce poème si triste relatant un dernier rendez-vous. Dans ce triste moment, il y a un narrateur, un homme et une femme. Ils se trouvent sur une plage, surement au crépuscule. La femme est, elle, au crépuscule de sa vie. Elle est malade. Elle sait qu’elle va mourir, les signes ne trompent pas : peau pâle, main tremblante. Elle est ici pour lui annoncer la nouvelle, et pour la dernière fois, partager un baiser avec celui qu'il a toujours aimé. Ce poème avait toujours profondément touché le jeune noble. Selon les dires de son père, ce poème aurait été écrit par son grand-père, qui a perdu sa femme très jeune, seulement quelques années après avoir eu le seul fils... D'un revers de manche, le quartier-maître s'essuya ses yeux, rougis par la tristesse.

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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Sam 12 Juil - 17:40

Alors que la capitaine prit la barre pour entreprendre le voyage autour de l' île de la Tortue, le quartier-maître se mit à chanter. Le chant germanique pénétra le coeur amère de nombreux marins, sa triste chaleur était si intense... Aucun marin ne remarqua les larmes du quartier-maître, un signe de faiblesse qui n' aurait en aucun cas était cause de mutinerie tellement le chant était beau.

Ils étaient tous au travail, et la capitaine continuait de tenir fermement la barre pour naviguer entre les récifs et trouver un quelconque port inexistant... Aucun des deux supérieurs n' avait réalisé qu' il était impossible qu' un port de hors la loi et de contrebandier puisse tenir contre l' armée si il était à même la côte de l' île, à la vue de tous....

Alors que le soleil allait atteindre son plus haut point, une voix se fit entendre sur les flancs des montagnes encerclant l' île. Elle était rauque et très grave:


Vous qui êtes sur les terres de la Tortue, que cherchez vous? Et qui êtes vous pour vous présentez sur cette île inhospitalière?

La voix se tu, attendant une réponse. Personne n' aurait put dire d' où elle venait. Elle percutait les récifs et résonnait dans la zone.
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Charlotte de Berry
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MessageSujet: Re: C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]   Dim 27 Juil - 0:29


    a jeune femme sourit doucement, comme un peu attendrie par ce qu'elle prenait pour de la naïveté enfantine, de la part du quartier-maître.
    Des sirènes ! Pourquoi pas des fantômes, tant que l'on y était ? Non, vraiment, Charlotte pouvait bien s'amuser à imaginer des choses, mais croire pour de bon à des mythes irrationnels ne lui était pas possible.
    Néanmoins, le petit poème était plaisant, et elle se prêta au jeu, en y répondant de la même manière :

    - Pour commencer, descendez-moi de votre piédestal, puisque je ne suis ni d'argent, ni même de cristal... Puis vous entendre ajouter foi à ce mythe enchanteur, vous qui semblez posséder un esprit supérieur, me surprend par dessus tout, il faut que je vous l'avoue...

    Par la suite, elle lui adressa un sourire mi-amusé, mi-taquin, qui s'effaça cependant assez vite.
    En effet, elle venait d'entendre la question du jeune homme. Si elle lui avait bien fait un compliment ? Sans doute, en effet. Mais elle avait horreur qu'il le lui fasse remarquer. N'était-il pas le premier à dire qu'elle ne devait pas se "ramollir", si elle voulait conserver le commandement du navire ? Si, bien sûr. Il était donc bien méchant de souligner ainsi ses douces faiblesses. Etait-ce de sa faute, si elle s'attachait facilement aux personnes qui l'entourent -le seul cas où son affabilité naturelle ne s'était pas mise en route avait été avec son époux- sans prendre garde aux conséquences ? Hum... Tout bien réfléchi, oui, c'était de sa faute. Mais enfin, il pourrait avoir au moins la délicatesse de ne feindre de ne pas le remarquer !
    Du coup, ne sachant pas trop quoi répondre, elle resta interdite un moment. Son visage s'était rembruni, et une légère moue d'indécision s'était dessinée sur ses lèvres.
    Que trouva-t-elle à répliquer ? Pas grand chose, malheureusement, ne pouvant -ou ne voulant- se montrer trop sèche avec lui, mais n'étant pas près d'avouer qu'elle l'avait en effet complimenté. L'orgueil, vous comprenez ?...
    Elle choisit donc la seule option qui lui semblait raisonnable : ne pas répondre du tout, faisant comme si elle n'avait pas entendu le questionnement.

    Il confirma sa pensée qu'était celle qu'ils approchaient de l'île de la Tortue, et elle sauta sur cette occasion pour changer de sujet.

    - Je suis ravie que nous l'ayons trouvée sans plus d'encombres... En revanche, vous paraissez bien optimiste...

    En effet, le regard sombre de Charlotte dévalait à présent les pentes abruptes de cet énorme rocher que semblait être ladite île, sans pour autant discerner le moindre port, ni même le plus petit signe apparent qui aurait confirmé qu'il y avait bien âme qui vive en ces lieux. Le soleil était à présent au paroxisme de son ascension dans la voûte céleste -à présent d'un beau bleu céruléen- et avait fini par estomper la brume fine qui, encore quelques minutes plus tôt, entourait l'île, comme pour l'enrober dans une sorte de cocon ouaté. Ainsi, chaque pic et chaque mont était bien visible, se détachant impecablement sur l'azur du ciel, mais rien n'indiquait encore qu'ils pourraient gagner ce caillou géant...

    La jeune femme commençait à s'impatienter, et son sentiment d'anxiété grandissant, elle commença à se demander si cette expédition était vraiment une bonne idée.
    Elle se sentit tout à coup tressaillir. Non loin d'elle, la voix du quartier-maître s'élevait, chaude et sensuelle, presque rassurante, et, pourtant, elle semblait comme tintée d'irréel et de mystérieux. Cela remua la Capitaine au plus profond de son âme, si bien qu'elle tourna la tête, observant le jeune homme d'un regard comme voilé d'étonnement, mais aussi, éclairé par une douceur étrange qui scintillait au fond de ses prunelles obscures.
    C'était un poème allemand. Comme elle regretta de n'avoir pas été davantage attentives aux leçons de sa mère, lorsque celle-ci lui parlait tantôt en français, tantôt en allemand ou en espagnol, pour parfaire ses connaissances linguistiques ! Cela lui aurait sans doute beaucoup servi, mais elle avait toujours préféré rêvasser, en ne répondant à sa mère que par de petites phrases courtes et simples, sur un ton profondément inintéressé...
    Néanmoins, elle comprit la globalité des vers. Il lui manqua peut-être du vocabulaire pour en comprendre toutes les subtilités, mais ce qu'elle comprit de cette tragédie amoureuse la rendit... ce n'était pas de la tristesse... cela la plongea plutôt dans une sorte de mélancholie au goût finalement agréable.

    Quand il eut fini, elle ne dit rien, comme si elle attendait que le dernier son prononcé se soit complètement dissoud dans l'air salé environnant, avant d'oser ouvrir la bouche.
    Aucun son n'en sortit, de toute manière, et le comble fut encore lorsqu'elle vit les larmes de son compagnon. Désarmée. Quel drôle de sentiment que celui de ne pas savoir comment réagir ! Mais, en fait, dans le cas présent, ce n'était pas aussi désagréable qu'elle ne l'aurait imaginé. Une mélancholie agréable, et une impuissance peu désagréable... Voici de bien curieux sentiments ! Etait-il donc magicien, pour la mettre dans un tel état ?
    Levant de nouveau son regard noir vers le jeune homme, elle vit une nouvelle fois ses yeux rougis, et son propre trouble ne fit qu'augmenter. Si elle n'avait pas été comme figée, incapable de faire le moindre mouvement, elle aurait sans doute fait la bêtise d'aller prendre sa main, en signe d'amitié compatissante. Son chagrin la touchait vraiment, sans qu'elle n'arrive à deviner pourquoi, mais elle fut bien contente de ne pas pouvoir bouger ne serait-ce que d'un centimètre.

    Enfin, une autre voix se fit entendre. Celle-là était si différente de celle de monsieur du Murmure qu'elle fit cette fois battre le coeur de la jeune femme à une vitesse étonnante -son pauvre coeur semblait en effet s'être arrêté durant tout le poème du quartier-maître, et la brusque reprise de ses battements fut éprouvante. Posant instinctivement une main sur sa gorge, comme pour intimer au fougueux organe de se calmer, elle essaya de repérer l'endroit d'où venait cette nouvelle voix. Celle-ci, grave et rauque, presque sinistre, et un brin menaçante, s'élevait du côté de l'île, mais il fut impossible à la demoiselle de repérer son émetteur.
    A présent, était-elle censée répondre à une voix venue de nulle part ? Peut-être que le poème avait agi sur son système nerveux davantage qu'elle l'avait d'abord songé, et qu'elle avait à présent des hallucinations. Mais un regard du côté du quartier-maître la détrompa : lui aussi semblait avoir entendu la voix.
    Alors, sans trop savoir à qui s'adresser, elle fixa sans savoir pourquoi le sommet de l'île, et répondit sans grande conviction, mais d'une voix qui ne trahissait aucune incertitude :

    - Nous sommes des marins naviguant à bord du C like Chasm, navire de commerce. Nous cherchons l'entrée de cette île.

    A présent, son coeur battait si fort qu'elle n'entendait plus que lui. Elle se demanda ce qu'il allait à présent arriver...
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C comme Liberté ? [A monsieur du Murmure]
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